Thierry Waymel est un professionnel français de la kinésiologie, engagé depuis plus de 27 ans dans la structuration, la transmission et la reconnaissance de cette discipline.
Ancien président de la Fédération Française de Kinésiologie (2007–2024), il a contribué activement à l’évolution des standards de formation et à la professionnalisation du métier en France. Il poursuit cet engagement au niveau européen au sein de REFORMED AISBL, œuvrant pour une meilleure reconnaissance des pratiques de santé complémentaires.
Fondateur de Inforted, il développe une approche pédagogique structurée, fondée sur la cohérence des parcours, l’exigence technique et l’intégration progressive des compétences. Il défend une vision claire : former des praticiens compétents, capables d’exercer avec rigueur, responsabilité et discernement.
En parallèle de son activité de formateur, Thierry Waymel est auteur de nombreux ouvrages consacrés au mouvement, à la santé et à la compréhension globale du corps.
Il est notamment l’auteur d'ouvrages sportifs et sur la kinésiologie.
OUVRAGES SUR LA SANTE ET LE SPORT
Étirement et renforcement musculaire – 250 exercices (co-écrit avec Jacques Choque), ouvrage de référence réédité à plusieurs reprises
365 jours pour se muscler
Stretching technique et pratique
L’élastogym
Étirement source d’énergie
Le guide du fitness dynamique
Le petit guide de mon corps
OUVRAGES DE KINESIOLOGIE
À travers ses écrits, il propose une approche intégrative du corps, articulant biomécanique, physiologie, énergétique et dimensions émotionnelles et symboliques.
Thierry Waymel défend une conception exigeante et structurée de la kinésiologie. Il s’exprime régulièrement sur les enjeux de la profession, notamment :
la nécessité de parcours de formation cohérents
les limites des formations à la carte
l’importance d’un cadre pédagogique solide
la reconnaissance des compétences au niveau européen
Son travail s’inscrit dans une volonté de faire évoluer la kinésiologie vers une pratique plus lisible, plus rigoureuse et pleinement professionnelle.
À travers ses fonctions institutionnelles, son activité de formation et ses publications, Thierry Waymel participe activement à :
la structuration de la kinésiologie en tant que discipline
la clarification des référentiels de compétences
la promotion de standards pédagogiques exigeants
le dialogue autour de la reconnaissance des pratiques de santé complémentaires
Son positionnement s’inscrit dans une démarche de professionnalisation, visant à renforcer la lisibilité, la qualité et la crédibilité de la kinésiologie auprès des institutions et du public
Thierry WAYMEL à participé en tant que conférencier aux journées neuro sciences 2022/2023/2024/2025 dans le cadres des pratiques de soins traditionnels et naturels.
LETTRE OUVERTE
Après 14 années de Présidence au sein de la Fédération Française de Kinésiologie où j’ai notamment œuvré – sans aboutissement – pour la reconnaissance du métier durant mes mandats successifs, je me pose aujourd’hui un certain nombre de questions concernant la formation en kinésiologie en France.
Pourquoi ? Force est de constater que beaucoup d’écoles sont affiliées à des fédérations ou des syndicats qui, à mon sens, perdent le contrôle des cursus enseignés.
Comme vous le savez peut-être, la profession de Kinésiologues® n’est, à ce jour, pas reconnue par l’État français. Aussi, malheureusement la formation n’est pas encadrée et ne répond pas aux critères qui ont été impulsés par les concepteurs il y a de cela plusieurs décennies.
Depuis la création de mon école INFOR’TED en 1999, je fais partie des rares centres de formation qui proposent un parcours structuré sur deux ans, une durée qui permet aux élèves de pratiquer et explorer le métier, de développer l’art du toucher ainsi que le test musculaire, et ce dans l’optique de pouvoir leur faire acquérir une réelle compétence sur l’utilisation du test de précision qui ne représente pas un « oui » ou un « non » comme on peut le trouver dans de nombreux cursus.
Au terme de ces 2 ans, INFOR’TED délivre encore aujourd’hui une attestation de compétence liée à un certificat fédéral.
Il est triste et révoltant de constater l’arrivée ces derniers temps sur le paysage kinésiologique de formation en France des parcours à la carte proposés par certaines écoles sans fil conducteur pédagogique, parfois en seulement 14 ou 18 mois.
Les intérêts de chacun ont changé sous un effet de mode car la kinésiologie a - qu’on se dise - le vent en poupe ! On trouve désormais du tout et du n’importe quoi en matière de formation : des cursus à distance, des formations en présentiel expéditives en quelques modules à peine, avec souvent, pour ces dernières, des formateurs ayant peu ou pas d’expériences en cabinet ou en pédagogie.
Force est de constater que certains de ces établissements sont pourtant validés par des fédérations ou syndicats supposés représenter la profession en France !
Passionné par ce métier, je suis attristé de voir quelle tournure prend la kinésiologie en France, qui devient un business et en perd toute sa valeur.
Quoiqu’il arrive, je choisis de maintenir les 2 années de formation, et une troisième pour garder cette justesse d’enseignement en relation avec les critères spécifiques (standards/référentiels) conformes aux recommandations européennes en vigueur, et en collaborant avec la Commission Européenne depuis plus de 10 ans.
Il suffit de regarder les publications sur Internet : beaucoup de kinésiologues complètent leurs pratiques avec des techniques comme EFT, BY Pass, Tarot, Reiki… et j’en passe. Avant d’aller rechercher des techniques complémentaires utilisant des outils qui ne relèvent pas de la kinésiologie, je vous invite à maîtriser à 100 % ce que vous apprenez durant votre formation en kinésiologie.
Pour moi, la véritable question aujourd’hui est : « cela a-t-il encore du sens d’être affilié à une fédération peu importe laquelle » ? En quoi est-ce réellement une plus-value au regard de ce qui se passe actuellement en France au niveau de la formation ?
Le métier de kinésiologue est un métier riche d’expérience, de partage, de bienveillance où l’égo n’a normalement pas sa place dans ce métier…. Et pourtant !
Thierry Waymel
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Réalité virtuelle, compétence virtuelle, posture réelle ?
Il est temps de se réveiller.
· Chacun son parcours, certes. Mais sans cap, quel sens donner à la route ?
· Le virtuel peut-il remplacer l’expérience du réel ?
· Réalité augmentée ou compétence diminuée ?
Quand la cohérence disparaît, le résultat devient flou.
« L’adulte n’apprend que s’il en perçoit l’utilité. »
On ne peut pas s’adresser à des adultes comme à des enfants. C’est une règle de base en pédagogie.
Et pourtant, dans le monde de la kinésiologie aujourd’hui, on continue à empiler des stages, à vendre des modules comme on vendrait des produits sur une étagère, sans cohérence globale, sans
vision, sans cadre structurant.
80 % des écoles fonctionnent sur ce modèle.
Des stages à la carte, avec parfois des techniques qui n’ont rien à voir avec la kinésiologie… et on finit par entendre que « la kinésiologie ne se suffit pas à elle-même ». Mais c’est le système
qui est bancal, pas la discipline.
Le véritable obstacle à l’apprentissage chez l’adulte, c’est la résistance.
Et cette résistance naît quand on infantilise l’apprenant, quand on le juge ou qu’on ignore son expérience.
L’adulte a besoin de sens. Il veut comprendre pourquoi il apprend, à quoi cela va lui servir. Il veut être acteur de son parcours, impliqué, reconnu.
À l’inverse, l’apprenant d’aujourd’hui veut tout, tout de suite, et le plus vite possible — au détriment du temps nécessaire à la construction de l’expérience, qui seule permet de développer une véritable compétence et une qualité durable.
C’est exactement pour ça que j’ai conçu un linéaire pédagogique cohérent au sein d’Inforted, en lien avec les référentiels de REFORMED® AISBL
Car cette association s'engage pour la reconnaissance des médecines non conventionnelles à l'échelle européenne et internationale, en établissant des critères spécifiques (standards/référentiels) conformes aux recommandations européennes en vigueur, et en collaborant avec la Commission Européenne depuis plus de 10 ans.
Ces initiatives permettent désormais d'accréditer et de labelliser, par blocs de compétences, les programmes de formation des Organismes de Formation membres ayant plus de 3 ans d'exercice sur ces programmes.
Cette collaboration met en lumière l'expertise développée par REFORMED® AISBL depuis sa création en 2007. Les apprenants inscrits chez Inforted bénéficient ainsi d'un enseignement validé dans ce cadre.
Ici, l’élève est au cœur du processus : il apprend par l’expérience, dans des situations proches du réel, avec des critères d’évaluation clairs et progressifs.
Ce n’est pas un enchaînement de savoirs plaqués, mais une montée en compétence structurée.
Et ça ne s’arrête pas à la posture :
Nous partageons avec l’équipe de formateurs d’inforted un désir commun de transmission en lien avec des pratiques professionnelles actives.
Chacun amenant sa spécificité mis en lien avec son propre parcours professionnel précedent.
Nous avons fait le choix d’outils numériques concrets, pensés pour l’interactivité :
Tout est orienté vers une andragogie efficace.
Et malgré cela, quand je vois que pour certaines visios que j’organise, les élevés présents issues de différentes écoles, relèvent des incompréhensions totales sur l’utilité et le sens
des techniques enseignées.
Je me pose des questions sur l’enseignement descendant à contrario d’une formation d’adulte .
C’est aussi ce constat qui m’a poussé à faire reconnaître le travail sur la biomécanique par REFORMED — une reconnaissance construite au fil des conférences, notamment lors des semaines des neurosciences.
J’en ai assez d’un système qui vend sans transmettre,
de certains formateurs qui redistribuent du savoir sans capacité réelle à donner du sens,
de structures qui encaissent sans se remettre en question.
Force est de constater qu’aujourd’hui, si autant de kinésiologues formés ne travaillent pas, c’est en grande partie parce que les écoles n’assument pas pleinement leur
responsabilité.
Elles négligent la mise en place professionnelle de leurs stagiaires, comme le développement du rôle social de la
kinésiologie.
Pire encore, certaines vont jusqu’à ignorer les textes de loi en vigueur depuis fin
2023, publiés par France Compétences, et auxquels REFORMED répond
concrètement, en œuvrant à une réimplantation cohérente et structurée de la profession.
Pendant des années, la profession s’est divisée à coups de fédérations et syndicats, parfois créés par les mêmes personnes sous d’autres noms, avec des acronymes bidons, dans une course à
la reconnaissance auto-proclamée.
Un vrai panier de crabes.
Des dizaines d’élèves pourraient en témoigner.
Et soudain, après 20 ans de désorganisation, certains se réveillent et veulent imposer des règles inventées sans concertation.
Ça suffit. La formation professionnelle n’est pas un simple empilement de stages, ni un rapport de sachant à ignorant.
Chez Inforted, on accompagne un parcours de formation clair et progressif, articulé sur 2 à 3 ans, avec un vrai suivi :
🟠 1re année
350 h en présentiel
250 h de travail personnel
11 évaluations formatives
Objectif : poser les bases, valider un 1er examen pour commencer à pratiquer et financer la suite
🟠 2e année
• 300 h en présentiel
• 300 h de travail personnel
12 évaluations formatives
• Objectif : consolider, affiner, professionnaliser, rédiger un mémoire
🟠 3e année (facultative)
• 300 h en présentiel
• 250 h de travail personnel
9 évaluations formatives
• Objectif : viser l’accréditation REFORMED comme éducateur en santé traditionnelle et naturelle
Sur les 3 ans trois examens
2 mémoires
Ce modèle existe depuis 1999. Il fonctionne.
Et pourtant, la majorité du secteur reste figée dans des pratiques éclatées, où chaque branche défend sa chapelle (TFH, 3in1, Édu-kiné…), où l’on empile les heures sans logique
pédagogique.
Ce que j’ai toujours voulu défendre — depuis mes années à la présidence de la FFK jusqu’à aujourd’hui avec REFORMED — c’est un modèle transversal, exigeant, cohérent, qui respecte l’intelligence de l’adulte et le rôle social de notre métier.
Je terminerai sur cette note :
Depuis ma rencontre avec Dominique Delaporte en 2012, j’ai cru que les écoles saisiraient cette opportunité de cadrer notre pratique en tant que profession et de la faire reconnaître en tant que
telle.
Force est de constater que personne l’a fait et certain se vante de vouloir le faire..
Et que certains préfèrent changer les noms des écoles ou des stages pour ne pas assumer la réalité.
Moi, je continue. Avec constance.
Parce que je crois que la kinésiologie mérite mieux.
Parce que je crois en l’humain.
Et parce que je crois encore qu’on peut construire autre chose — ensemble, mais pas à n’importe quel prix
Le paysage de la kinésiologie aujourd’hui
Entre dispersion et manque de cohérence !!!!
La kinésiologie en France est aujourd’hui représentée par plusieurs associations, souvent issues de scissions successives.
Parmi les plus connues :
Quand on regarde cela de plus près, on s’aperçoit que les mêmes centres de formation sont parfois adhérents
à plusieurs de ces structures… et que certains kinésiologues eux-mêmes adhèrent à plusieurs syndicats ou fédérations.
En croisant toutes ces données, on peut estimer qu’il y a environ 1 500 personnes actives dans ces structures.
Mais posons-nous une vraie question :
Depuis les années 80, est-il possible que seulement 1 500 kinésiologues aient été formés en France ? Bien sûr que non.
Alors où sont passés les autres ?
Travaillent-ils ? Sont-ils encore en activité ? Ont-ils abandonné ? Et surtout… pourquoi ?
Tant de kinésiologue sont isolé dans la nature et non adhérent aux différentes structures.
Un système bancal
Comme je le disais dans une précédente vidéo, le système est bancal.
Pendant longtemps, on a voulu se mettre d’accord autour d’un volume commun d’environ 450 heures de formation.
Mais aujourd’hui, on voit des praticiens recevoir à peine les bases en fin de parcours. Est-ce vraiment acceptable ?
En réalité, les personnes naviguent d’un syndicat à l’autre, souvent avec des intentions contradictoires :
Il n’est pas rare d’entendre :
« Tant que je paie mes charges et que je peux vivre, ça me suffit. »
C’est une vision individuelle, respectable, mais elle ne fait pas avancer la profession dans son ensemble.
Un engagement trop rare pour la reconnaissance réelle
Ce qui manque aujourd’hui, c’est un engagement collectif et structuré. Peu s’investissent dans une vraie dynamique
de reconnaissance professionnelle.
Pour ma part, je considère que le travail mené par REFORMED est bien plus sérieux. Certes, les exigences sont plus élevées, les programmes plus rigoureux.
Mais c’est précisément ce niveau d’exigence qui permet de donner un cadre solide et cohérent aux médecines non conventionnelles — dont fait partie la
kinésiologie.
Cette association œuvre pour la reconnaissance du secteur des médecines non conventionnelles au niveau européen et international, par branches de métiers, en mettant en place des critères spécifiques (standards / référentiel), sur la base des recommandations européennes en vigueur, et collaborant en partenariat avec la Commission Européenne depuis plus de 10 ans. Ces dispositions permettent désormais d’accréditer et de labelliser, les programmes de formations par unités de compétences ( CEC) formant des blocs de Learning Activities ( LA), les programmes de formation des Organismes de Formation membres, et qui exercent depuis plus de 3 ans. Cette collaboration met en valeur l’expertise développée par REFORMED ® AISBL depuis 2007, date de sa création
Depuis novembre 2020 un nouveau CV EUROPASS (https://europa.eu/europass/fr ; gratuit) a été mis en place par la Commission Européenne ainsi qu’un PACTE POUR LES COMPETENCES (« Pact for Skills » ; Référence : https://bit.ly/3YAfTC7) dont REFORMED® AISBL est membre. Inforted,
membre adhérent à REFORMED® AISBL s’est engagé à fournir régulièrement les indicateurs demandés afin de répondre aux exigences du processus.
Cela demande du travail, de l’exigence… et du courage collectifA noter :
REFORMED® AISBL est également accrédité par le Parlement Européen (https://bit.ly/46IeCeh), et figure au « Registre des transparences » en tant que lobbyiste dans l’objectif d’influencer les décisions européennes, de la Commission Européenne (Réf https://bit.ly/46JfKOU).
Un métier exigeant qui mérite mieux
Soyons sérieux : peut-on prétendre être kinésiologue avec 250 heures de formation ?
La discipline nécessite des connaissances approfondies en :
Mais à mon sens aussi d’autres techniques que le kinésiologue devrait maîtriser et qui ne sont pas enseignées malheureusement au détriment de technique qui ont le vent en poupe.
La kinésiologie regroupe un ensemble d’approches, mais ce n’est pas un catalogue de techniques.
Ce n’est pas une séance « préfabriquée » qu’on applique de manière automatique.
C’est une adaptation permanente, une écoute du corps et de ses besoins, une capacité à choisir le bon outil au bon moment, avec discernement en respectant les compétences
acquises et leurs limites déterminés par les codes d'éthique aide déontologie.
Conclusion
Ce que nous vivons aujourd’hui est un véritable tournant.
Nous avons le choix entre continuer à empiler des formations sans cohérence, ou construire une profession solide, reconnue, ancrée dans la réalité.
Cela demande du travail, de l’exigence… et du courage collectif
Et pour rappel , Ph Bombeeck ( créateur de L’IEK ) et moi sommes en accord parfait pour écrire que :
La kinésiologie est une méthode d’accompagnement basée sur l’utilisation du test musculaire, un outil qui permet de percevoir la qualité de réponse d’un muscle, et non sa force. Ce test est utilisé pour détecter des déséquilibres physiques, émotionnels ou énergétiques.
Contrairement à certaines pratiques qui utilisent le test musculaire de manière isolée, la kinésiologie repose sur des protocoles précis. Le simple fait d'utiliser ce test ne suffit donc pas à se dire kinésiologue.
Le rôle du kinésiologue est d’aider la personne à retrouver son plein potentiel, en identifiant et en régulant les blocages qui l’empêchent d’atteindre ses objectifs.
Le débat sur la reconnaissance de la kinésiologie ne date pas d’hier. Il est ancien, récurrent, et souvent mal posé. Pour avancer, il est indispensable de revenir aux faits, à l’histoire réelle de la discipline, et aux choix structurels qui en découlent.
À l’origine, la kinésiologie – et plus particulièrement le Touch for Health (TFH) porté par John Thie – n’a jamais été pensée comme une profession. L’intention était claire, assumée et respectable : diffuser des outils de prévention et de mieux-être au plus grand nombre, dans une logique de transmission accessible, presque militante. Il n’a jamais été question d’ouvrir des cabinets professionnels ni de créer un métier structuré avec des obligations sociales, juridiques ou institutionnelles.
Et il faut le dire sans détour : cette vision était brillante pour son époque. John Thie a été un véritable génie dans sa capacité à rendre compréhensibles et utilisables des concepts complexes. Le problème n’est donc pas l’origine de la kinésiologie. Le problème, c’est ce que le monde est devenu depuis.
Car le monde a évolué. Les attentes ont changé. Les pratiques aussi.
Au fil des années, la kinésiologie a été copiée, déclinée, transformée, parfois dénaturée. Les techniques se sont multipliées, souvent sous forme de branches défendant chacune leur approche, leur méthode, leur légitimité. Cette fragmentation a conduit à une perte de lisibilité globale. Mathiew lui-même l’a reconnu publiquement lors du congrès IKC d’octobre : la kinésiologie n’est plus un corpus homogène.
Dans les faits, la kinésiologie s’est progressivement installée dans le champ professionnel : accompagnement individuel, relation d’aide, ouverture de cabinets, attentes du public, demandes institutionnelles. Elle est devenue une pratique professionnelle de fait, sans avoir toujours assumé les exigences que cela implique.
En France, cette tension s’est cristallisée de manière très concrète lors des échanges avec la CNCP (aujourd’hui France Compétences). Le message a été clair : un contenu de formation soumis à des royalties versées à des organismes étrangers, notamment américains, ne pourrait jamais être validé dans un cadre de reconnaissance nationale. Non pas pour des raisons idéologiques, mais pour des raisons structurelles et juridiques. Un titre professionnel reconnu par l’État suppose une souveraineté pédagogique, une maîtrise des contenus et une indépendance juridique.
Face à cette réalité, un choix devait être fait.
Sur les conseils d’un avocat en droit international, et à la suite d’une assemblée générale à laquelle j’ai participé en tant que président de la FFK, il a été décidé de créer un courant professionnel transversal. L’objectif n’était pas de renier l’histoire de la kinésiologie, ni de s’opposer aux techniques existantes, mais de changer de paradigme : passer d’une logique d’application de méthodes à une logique de compétence globale.
Car une profession ne se définit pas par une addition de techniques. Elle se définit par :
Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir si une validation est « reconnue internationalement », ni de se réfugier derrière des cadres européens comme le CEC/EQF qui n’ont aucun pouvoir juridique direct en France. L’enjeu est de répondre à une question simple et fondamentale :
à quoi sert cette reconnaissance, et pour qui ?
Sans reconnaissance nationale, sans cadre clair, sans référentiel souverain, l’« international » reste souvent un argument de façade, un vernis rassurant mais sans impact réel pour les professionnels, les bénéficiaires et les institutions.
Aujourd’hui, la kinésiologie se trouve à un carrefour. Elle ne peut plus rester coincée entre le mythe fondateur d’une pratique de diffusion libre et la réalité d’un exercice professionnel impliquant responsabilité, éthique et lisibilité sociale. Elle ne peut pas non plus prétendre à une reconnaissance sans accepter les exigences qu’impose le professionnalisme.
Sortir de cette impasse suppose un choix clair :
assumer que la kinésiologie a évolué,
accepter de dépasser les chapelles techniques,
et construire une compétence professionnelle cohérente, responsable et défendable.
C’est à ce prix seulement que la kinésiologie pourra trouver sa juste place dans le paysage contemporain, non pas contre son histoire, mais en continuité adulte avec elle.
